Mission de sévice public audiovisuel

Hier soir, sur les coups de 19h, je me suis retrouvé de manière aussi inopinée qu’impromptue devant l’équivalent du Jt de la chaine Public Sénat. Vous me direz qu’il y a quantité de manières plus saines d’occuper son temps libre et vous aurez sans doute raison. Mais il faut croire que mon appétence quasi pathologique à explorer le fond du bourbier me conduit parfois en ces lieux sombres et sinistres dont la visite reste formellement  déconseillée à quiconque entend garder intactes sa candeur et sa santé mentale.

Dès l’annonce des titres, j’ai ressenti ce même puissant malaise que l’on découvre, adolescent, à la lecture d’un bon Lovecraft. Aucun doute ne m’étais plus permis et j’avais l’intime conviction que pour moi, ce jour là, la grand messe du Jt serait noire. Une ambiance pesante, un présentateur hésitant, visiblement possédé par quelque force obscure et soudain, la première gifle : il faut augmenter les salaires.

Un chroniqueur (08’30) apparait pour expliquer doctement que de plus en plus d’économistes voient dans la hausse générale des salaires un moyen efficace pour sortir de la crise. Certes, poursuit-il, les PME sont dans le rouge, prises à la gorge et l’on peut difficilement leur demander un effort en la matière mais les boîtes du CAC 40 hein ! 50 milliards de bénéfices cette année et encore plus l’année prochaine. Z’allez quand même pas me faire croire que celles là ne peuvent pas cracher au bassinet. Qu’elles commencent et les autres suivront. Diantre ! voilà une logique peu commune. En somme, si les riches peuvent payer, il n’y a pas de raison pour que les pauvres ne le puissent pas. Lumineux !

Quant au but de tout ce cirque ? Relancer la consommation bien sûr !

Seul dans mon fauteuil, je hurle : « Keynes, sors de ce cooooooorrrppps !!!!!!!! »

J’ai le souffle court. je transpire à grosses gouttes. J’ai l’estomac noué. Toujours les mêmes remèdes de rebouteux sénile qui conduisent infailliblement aux mêmes catastrophes. Pourtant, j’ai à peine le temps de reprendre mes esprits après ce terrible assaut propagandiste que déjà, je reçois de plein fouet une nouvelle attaque plus terrible encore.

« Le pic de froid doit il faire remettre en cause le réchauffement climatique ? » (18’30)

J’accuse le coup. Comment interpréter cette question ? Les faits doivent-ils influencer la science ? La réalité doit-elle primer sur la foi, la superstition et l’incantation ? Je ne sais guère. Plongé dans cette méditation, j’aperçois à peine deux gladiateurs entrer dans l’arène du plateau télé. D’un côté, l’écolo de service que je reconnais. Il s’agit d’Yves Contassot, le chantre de la décroissance chez les verts. De l’autre, un type qui m’apparait à première vue comme un hurluberlu. Grosses lunettes rondes et barbichette. Avec ses cheveux dressés sur la tête comme s’il était constamment branché sur le 220 et son pull vert fort peu télégénique, il a tout du professeur Tournesol. J’apprends qu’il s’appelle Serge Galam, qu’il est chercheur au CNRS et je vais découvrir que c’est un type bien.

Immédiatement, les règles du jeu sont posées. Les immondes idéologues scellent une alliance impie pour faire la peau du scientifique et aucun des plus bas stratagèmes ne les effraie. De l’attaque ad hominem, à la posture piteusement moralisatrice en passant par une déconsidération systématique de son invité par le journaliste, rien n’est épargné au pauvre sieur Galam qui est mis au supplice et peine à en placer une. Il reste malgré tout d’un calme olympien, assène des arguments de faits et ne se laisse pas intimider par la voix de l’inquisition.

Pour ma part, je reste sans voix. Oui, cette émission a bien existé. Oui elle est diffusée sur une chaîne de service public et oui, il s’agit bel et bien de basse propagande, à mille lieux de ce qu’on peut attendre d’un journaliste un tant soit peu professionnel.

Je vous invite donc à franchir à votre tour le portail ténébreux qui mène vers ce site démoniaque et à vous infliger le visionnage de cette mascarade en vous rappelant à chaque instant que ce type de séquence, qu’on n’aurait pas osé cauchemarder du temps de l’ORTF, cette parodie de débat, ce journalisme de caniveau, coûte chaque année la bagatelle de 10 millions d’euros (selon wikipedia) qui sont intégralement à vos frais.

Jusqu’à ce jour damné, je pensais sincèrement que le fond du bourbier de ce que l’on nomme le service public audiovisuel était le monopole de Daniel Mermet. Je suis désormais forcé d’admettre que même là, il y a de la concurrence.

Publié dans Politique | 6 commentaires

Quand l’Europe finance la mafia

Dans une récente interview, Jose Manuel Barroso a demandé aux politocards français d’expliquer rationnellement pourquoi il faut plus d’Europe et à ne pas alimenter le populisme contre l’Europe.

Reste que les eurocrates se débrouillent très bien tous seuls pour jeter de l’huile sur le feu. En effet, c’est au moment où la question budgétaire se fait de plus en plus pesante, où la risque d’explosion de l’euro se fait de plus en plus concret, qu’arrive sur le devant de la scène le dossier des fonds structurels européens.

Ces fonds, destinés à arroser généreusement de subventions les régions les plus déshéritées de l’union dans l’espoir qu’il y pousse soudainement de la richesse sont un superbe précipité de gestion européenne.

D’un côté il y a l’oseille que l’on arrive pas à faire rentrer, la faute à la crise. Les États surendettés ont d’autres chats à fouetter que de financer les frasques de la bureaucratie bruxelloise et au vu des résultats affichés, on peut les comprendre.

On apprend ainsi que sur les 35 milliards environ qui ont été lâchés depuis 4 ans, 8,4 sont le résultat d’erreurs. 8 et demi sur 35, ça veut dire qu’un euro sur 4 traité par ces gens là est concerné. Même l’incompétence la plus crasse ou la plus totale distraction ont du mal à justifier pareil taux !

75% des sommes versées à tort ont finalement été récupérées. On respire déjà un peu mieux. Ça ne laisse que 2 milliards d’euros définitivement perdus dans la nature. Oui, oui, 2.000.000.000 €. Mais comme c’est le pognon des autres, ils le vivent plutôt bien dans les salons cossus de la commission.

Et le carnage ne s’arrête pas là. Les fonds de soutien aux PME sont phagocytés par des multinationales. Certaines d’entre elles n’hésitent d’ailleurs pas à employer ces deniers pour…délocaliser leur activité. Et le fin du fin : on craint fort que plusieurs dizaines de millions n’aient atterri, à la faveur de malencontreuses erreurs, dans la poche du crime organisé, mafia italienne inclue.

Quand on voit avec quelle rigueur est géré ce programme qui représente plus du tiers du budget global de l’union, on se dit que l’augmentation de salaire de 3,7% royalement accordée par la commission à ses séides est amplement méritée. Et oui ma petite dame, ce n’est pas la crise pour tout le monde…

Que Barroso pense avoir besoin de plus d’Europe, je n’en doute pas un instant. En ce qui nous concerne, en revanche, on a le compte, merci.

Gloire enfin soit rendue à David Cameron pour avoir su calmer les ardeurs des européistes qui se voyaient bien gonfler le budget de l’union de plus de 6% cette années (ce n’est vraiment pas la crise pour tout le monde) et poser les jalons du premier superimpôt supranational.

Publié dans Politique | 2 commentaires

Vite, ça chauffe !

C’est ironiquement au moment où l’hiver bat des record de précocité que s’ouvre, dans l’indifférence à peu près générale, la conférence de Cancun sur le changement (on n’ose plus dire réchauffement) climatique.

Difficile en effet de faire avaler la couleuvre verte à ceux qui, d’une part, n’ont plus un raide et, d’autre part, se coltinent depuis 3 ans des journaux télés exclusivement consacrés à la neige trois mois par an.

On se dirige donc,  de l’aveu même des négociateurs, vers un accord de façade si accord il y a. Tout ça pour ça. On va cramer du kérozène pour convoyer des dizaines de délégués qui ne porteront pas de cravate, histoire de faire des économies de clim. Sublime résumé de la politique écologique !

Le processus initié à Kyoto il y a une vingtaine d’années est il mort pour autant ? Pas en France en tout cas où notre nouvelle ministre, NKM, transpire l’ambition par tous les pores de la peau. Ca va claquer du milliard et tant pis si ça n’a au final d’autre effet que de précipiter la chute.Sous la houlette d’un Jean Jouzel tout auréolé de son prix Lyssenko, ce sont 10 milliards du grand emprunt qui seront notamment affectés à la construction de lignes de transport en commun. Après tout, comment peut on résister au plaisir de balancer 375.000 € de champagnes et petits fours en temps de crise ? Une autre part de la somme ira à la rénovation des bâtiments, parce que créer une nouvelle bulle par les temps qui courent, ça n’a pas de prix.

Moralité, le plan d’adaptation au changement climatique risque rapidement de se transformer en plan d’adaptation au changement économique. Nul doute que l’adaptation sera douloureuse.

Publié dans Politique | 3 commentaires

Accrochez vos ceintures

Nous allons traverser une zone de turbulences d’une rare violence.

L’effet domino joue à plein et on commence à sérieusement mouiller les couches du côté des bailleurs de fonds des pays européens. Les taux d’intérêts s’affolent et les vaches à lait historiques du système, allemands en tête, font de plus en plus ostensiblement la gueule lorsqu’il s’agit de remettre au pot.

Et pour valider encore la thèse selon laquelle la France n’échappera pas au macabre enchainement, on apprend dans le Figaro que l’on peine déjà à payer les fonctionnaires. Rien de sérieux, hein, juste un petit milliard de rien du tout. La note du Sénat à laquelle il est fait référence est instructive. Sans prendre de gants, les sénateurs balancent : La crise n’a pas coupé l’arrosage automatique de « mesures catégorielles » qui font passer les efforts de maîtrise des budgets pour autant de mirages sahariens.

De plus, le gouvernement se fait au passage pincer en flagrant délit de minimisation délibérée des dépenses dans la loi de finances, faits pour lesquels il a depuis longtemps acquis le statut de multi-récidiviste.

Voilà qui est comique au moment où d’un côté, le sieur Fillon jure la main sur le cœur qu’on va voir de la rigueur comme jamais et de l’autre un budget 2011 qui ressort avec un déficit prévisionnel de 92 milliards.

On savait déjà que le volet recettes était bidonné du fait d’une hypothèse de croissance fantasmagorique. On sait maintenant que pour les dépenses la sincérité est la même. Dans un pays qui emprunte pour payer les intérêts de sa dette et se pose donc, de fait, dans la lignée du Colonel Custer en matière de cavalerie, on aurait tort de penser pouvoir passer au travers des balles gouttes.

Mais surtout ne vous y trompez pas, tout ça c’est la faute de ces enfoirés de spéculateurs. Oui, oui ceux là même qui ont financé la fuite en avant pendant toutes ces années. Car dans France Soir on lit que « Les Etats ne sont pas différents des ménages. Confiants, ils financent l’avenir en empruntant et comptent sur la croissance économique pour rembourser ».

Ben voyons ! Les ménages comptent rarement sur la croissance hypothétique de leurs revenus, généralement parce qu’on ne les laisse pas faire. Il n’y a qu’un Etat pour soutenir mordicus et en dépit de l’élémentaire bon sens que si, si, la croissance sera bien de 2,5%, enfin, jusqu’à la loi de finances rectificative hein…Car voilà, les ménages ne peuvent pas arbitrairement décider la rigueur, c’est à dire, le renflouement de leurs caisses en piochant largement dans les poches du voisin et c’est toute la différence.

Les « spéculateurs » en fixant une foutue limite aux conneries sans bornes des États méritent à mes yeux bien plus une médaille que des reproches.

Et si vous doutez encore que les politiques soient les seuls et uniques responsables de l’immense gâchis qui s’annonce, jetez donc un œil à cet article édifiant qui rapporte que si en 1958 les francs suisses et français étaient à parité, la différence en 2010 est un joli facteur 7. Voilà le résultat d’un demi siècle de déficits, de taxations idéologiques, de délires socialistes et d’un clientélisme de tous les instants.

Résultat des  courses : un pays florissant d’un côté, un autre en faillite de l’autre. 9% de chômeurs (au minimum) et 3% de l’autre.  Quant aux salaires :

Vive la Suisse Libre !

Publié dans Politique | 5 commentaires

La soupe aux lardons

Il s’agit d’un plat typique de la région de Manosque, à ne pas confondre avec la rate au cours bouillon d’Orléans, et que les élèves de seconde trouvent particulièrement immonde. J’admets les comprendre, quand on sait qu’il s’agit d’une préparation à base de sang et de fœtus avortés.

A l’origine de l’indigestion relayée par les journaux, la diffusion par un prof d’une vidéo anti-IVG, dont la délicatesse et le bon goût sont à l’image du titre de ce billet, à ses élèves lors d’un cours « d’éducation civique, juridique et sociale ». Rien que le nom m’amuse.

Les couinements indignés des parents d’élèves ont réussi à capter l’attention du ministre qui s’emmerdait sévère dans son bureau, enchainant les parties de solitaire. Il faut bien se rendre compte qu’il n’y a aucun échelon hiérarchique dans l’EdNat. Quand un fonctionnaire doit faire l’objet d’une sanction disciplinaire, c’est le ministre qui s’y colle. Et en deux coups de cuillère à pot la décision tombe : suspension à titre conservatoire et déclaration consternante à la radio dans la grande tradition politique française.

« On ne peut pas laisser passer de telles pratiques » sermonne le père Châtel, prêt à faire tater de sa trique à tout contrevenant. Fort bien. Diffuser la vidéo dont il est question c’est très mal mais l’esprit chagrin que je suis n’aime pas beaucoup ceux qui manient l’interdiction comme une Winchester et apprécierait fortement de cerner précisément le périmètre et la motivation de ladite interdiction.

Je m’explique : On pourrait reprocher à l’enseignant d’avoir soumis ses élèves à des images particulièrement choquantes. Or, on applaudit lorsque des classes partent visiter Auschwitz, quand les lycéens visionnent des documentaires dans lesquels on voit des nazis convoyer du cadavre à la pelleteuse et je me souviens, lors de mon passage au lycée, avoir dû me coltiner une désagréable projection sur le thème des MST avec des appareils génitaux salement amochés à longueur de pellicule. Certains l’ont mal vécu mais personne n’a bramé et aucun des fonctionnaires à l’origine de la projection n’a eu à subir le moindre reproche.

L’argument tiré du choc provoqué par le film tient donc difficilement.

On pourrait encore reprocher au professeur de confondre sa salle de classe avec un rassemblement de traditionalistes catholiques. Tout un chacun conviendra aisément, du moins je l’espère, que le rôle de l’enseignant n’est pas de bourrer le mou des gosses en s’inventant une tribune politique et qu’il s’agit là d’une pratique méprisable.

Pour autant, ne soyons pas naïfs. Qui n’a pas été la victime de l’idéologue de service au cours de sa scolarité. Ma petite expérience personnelle m’a fait traverser des épreuves aussi traumatisantes que devoir travailler pour association de marginaux subventionnés, de me coltiner l’exégèse de tous les chanteurs engagés du répertoire gauchiste, d’avaler la vulgate keynésienne, de répéter en chœur que le capitalisme c’est le mal et que le citoyen américain est son prophète.

D’Ellis Island à la ségrégation en passant par l’esclavage façon case de l’Oncle Tom, de Cuba au Sentier Lumineux en passant par l’idéalisation d’Allende et l’exaltation des républicains espagnols, rien ne m’aura été épargné. Ce n’est pas vraiment un scoop que d’affirmer que l’EdNat est un énorme repère de socialistes assumés et ce que l’on entend dans les salles de classe ne relève pas exactement du propos mesuré, objectif et distancié.

On peut donc légitimement se demander pourquoi les uns sévissent depuis des décennies dans l’indifférence générale alors que d’autres font l’objet de mesures de rétorsion. Pour le comprendre, le mieux est encore de s’en remettre à Luc Châtel, le Oui oui de la politique, et à la teneur de son intervention radiophonique.

«les professeurs sont tenus à un principe de neutralité, de respect de la personne. L’enseignant doit toujours veiller à ne jamais heurter la sensibilité et les convictions» des élèves.

Voilà. Démerdez vous avec ça. On nous sort du chapeau un principe de neutralité rédigé sur le papier hygiénique du lycée de manière à permettre le plus confortablement possible aux profs « politiquement corrects » de se torcher avec.

Si l’on résume, affirmer que la capote et l’avortement c’est cool, c’est se montrer neutre. Les critiquer, c’est s’exposer à des sanctions disciplinaires.

Quant à l’histoire de choquer les convictions des élèves, voilà qui me fait franchement rire. Si l’idée est d’arriver à 15 piges avec des convictions que le corps enseignant ne doit surtout pas ébranler, autant rester à glander devant la Playstation.

J’en arrive, enfin, au fond du problème. Car pour ne pas changer, on va encore se payer un bon petit quart d’heure de la haine pendant lequel le quidam va pouvoir hurler son indignation avant que le soufflet ne retombe brutalement. Pourtant, cette histoire pose bien des questions.

L’existence d’une « discipline » dénommée ECJS (Éducation civique, juridique et sociale), dont on peut trouver le programme pour la classe de seconde ici, a permis l’émergence de ce fait divers. En dehors de l’inquiétude que peut susciter la présence d’heures dédiées à l’éducation sociale des gamins à l’école, il est évident que le caractère parfaitement fumeux de l’ensemble des thèmes et notions abordés garantit un enseignement aussi subjectif que partisan.

S’il s’agissait encore de confronter les élèves à des points de vue différents avec pour objectif le développement d’un sens critique aiguisé, on pourrait encore en discuter. Seulement voilà, on voit clairement avec ce dossier, et en dépit du mépris que l’on peut légitimement nourrir pour l’idéologue sanguinolent, il n’est question que de propager la vérité officielle, celle qui est conforme aux canons citoyens, responsables et solidaires.

Vous pensez à de l’endoctrinement ? Ca tombe bien, moi aussi.

De même, on pourrait s’interroger sur la place de l’éducation sexuelle à l’école. Le mouvement est de déléguer de plus en plus de ces questions à l’EdNat. C’est confortable pour les parents si ce n’est qu’il existe un risque de tomber un prof coincé, qui n’y connait rien ou sur un partouzeur échangiste. Sur ce sujet, je conseille vivement la contemplation de l’épisode 507 de South Park (« Du bon usage du préservatif »), 100% garanti sans fœtus.

Publié dans Politique | 2 commentaires

Préparons Noël

Décembre arrive à grands pas et, déjà, les vitrines des magasins se garnissent de jeux, jouets et autres petites choses à déposer au pied du sapin. Comme de coutume, c’est le moment où tout un chacun commence à réfléchir sérieusement à la liste qu’il enverra très prochainement au père Noël, de manière à se prémunir d’une nouvelle grève des postes.

Et les élites qui nous gouvernent n’échappent pas à la règle. Ainsi, on murmure que le célèbre jeu « dix de chute » est très en vogue ces jours ci du côté de Bruxelles. En effet, après la Grèce en début d’année, voici que suivent en rangs serrés l’Irlande, l’Espagne et le Portugal. Déjà 4 alors que le mois de décembre n’a pas commencé ! On espère que le compte ne sera pas à 10 avant Noël, sans quoi l’intérêt du cadeau en serait fortement diminué.

De manière générale, les politiques se focalisent beaucoup sur les jeux de société. La politique n’est-elle pas un jeu de société grandeur nature ?

Ainsi, on sait de source sûre que Christine Boutin a commandé une boîte toute neuve de « La bonne paye » après cette année fructueuse.

Au PS, on se prépare fiévreusement à entamer une mémorable partie de « Qui est-ce ? ». Il est prévu de renommer le jeu sous le terme « primaires » pour l’occasion mais fondamentalement, le principe est strictement identique. Le candidat socialiste est il maqué avec une journaliste ? A-t-il déjà été ministre ?, etc. Ça promet d’être palpitant.

On entend aussi dire que Jean-Luc Mélenchon, qui ne s’est jamais vraiment remis de la chute de l’URSS et qui persiste à penser que c’est dans les vieux pots staliniens qu’on fait les meilleures confitures, cherche à poser ses pattes velues sur une des rares boîtes de « Soviet System » qui ne sont pas encore parties au pilon. Ah, le plaisir d’éliminer ces traitres de trotskistes qui lui font de l’ombre, comme au bon vieux temps, ça n’a pas de prix.

Du côté de la majorité, Jeff Copé et Raffarin ont invité Galouzeau de Villepin au club de ceux dont les dents apparaissent comme une alternative crédible au motoculteur, en vue de se lancer dans une petite partie de « Destins » après les fêtes. Il parait que la version 2012 inclura un miroir et un rasoir pour pouvoir y penser le matin.

A Bercy rien ne change. Cette année encore, les fonctionnaires du trésor, sous la houlette du tandem Lagarde / Baroin continueront à s’exciter comme des damnés autour du plateau des « Hippos Gloutons ». Cramer le plus possible d’argent public en un minimum de temps, ça c’est du fun ou on ne s’y connait pas !

Et à l’Elysée, en attendant l’hypothétique sortie d’un Singstar Carla Bruni, le président se rabattra vraisemblablement sur le tout nouveau « Cluedo Services Secrets » permettant de recevoir les tuyaux de la DCRI sur les journalistes directement sur son mobile. La classe !!

Enfin, une information de dernière minute : Eric Besson a inscrit sur sa liste au père Noël la boîte « Docteur Maboul édition industrie automobile ». On va vite savoir comment va se passer l’ablation de la prime à la casse, du bonus écolo ou encore de 3.000 salariés de chez Renault. Buzzera ? Buzzera pas ?

Une seule chose est sûre : Noël approche et plus que jamais, ça sent le sapin…

Publié dans Politique | 2 commentaires

Mais quel est le sujet de ce billet ?

Vous voulez le savoir ? Et bien je vais vous le dire.

Mais laisser moi d’abord vous rappeler que ma responsabilité face aux lecteurs est celle de l’action. Le choix du thème d’un billet est un choix qui m’appartient. Je le fais en conscience et je n’en ai aucun regret.

C’est d’ailleurs une problématique à laquelle sont confrontés l’ensemble de nos partenaires blogueurs européens. Le temps de la concertation a eu lieu, chacun a pu exprimer son opinion mais j’ai dû aujourd’hui, dans l’intérêt de ce blog, prendre une décision. Ce n’était pas une décision facile mais c’est, encore une fois, ma responsabilité face aux lecteurs, que de la prendre.

Vous me voyez me présenter face aux lecteurs qui viennent, avides de nouveauté, pour leur dire « désolé, il n’y a rien à lire »? Ce n’est pas acceptable. Dès lors je devais faire face à la situation, assumer ma fonction de taulier de ce blog et définir dans le respect de chacun, une ligne d’action qui soit à la fois claire, pragmatique, efficace et durable. Je me suis d’ailleurs reconduit à ce poste parce que je pense être le meilleur pour mener les combats qui attendent le bourbier. Vous le savez, je ne serai jugé que sur les résultats.

Et c’est grâce à l’action et à la détermination de l’équipe de direction du blog que je peux annoncer dès maintenant que l’objectif d’un million de lecteurs est parfaitement réaliste. De même, je peux annoncer que dès l’année prochaine, il y aura des commentaires sous chaque billet.

Merci de votre attention.

Publié dans Politique | 6 commentaires

Si c’est inutile, autant en rire

J’apprécie tout particulièrement ces moments où les politocards de tout poil tombent le masque de l’intérêt général, du service de la France et de toutes les bilevesées du même accabit pour apparaitre enfin comme les immondes vampires carriéristes et calculateurs qu’ils sont.

Et avec ce « remaniement » dont par ailleurs sur le fond, je me tape royalement, je ne vais pas bouder mon plaisir.

Je me marre en voyant Juppé qui, commençant à avoir du mal à cumuler les mandats, n’a pas su résister à la tentation de trahir un serment de plus et à abandonner Bordeaux pour un ministère d’Etat qui claque nettement plus sur la carte de visite.

Je me marre en voyant mamie MAM continuer sa tournée des popotes en vue de finir son ouvrage consacré à la qualité des sièges dans les différents ministères. Par chance, il ne lui en reste plus beaucoup à essayer.

Et elle s’y connait tellement bien en siège qu’elle a réussi à en trouver un pour son Jules. Mais ne nous y trompons pas, il n’y a là que la juste poursuite de l’intérêt général !

Je me marre encore en voyant Michel Mercier, après avoir glandouillé pépère pendant 18 mois à la ruralité et à l’aménagement du territoire, prendre la tête du ministère du déni de justice.

Je me marre de plus belle quand je lis que Frédéric Lefebvre, le porte-flingue de Sarkozy, atteint l’apogée de sa carrière mafieuse en devenant secrétaire d’Etat au racket des commerçants et des PME.

Je me gausse à la vue de NKM à l’écologie. Après avoir ardemment milité pour le droit à l’oubli de son inutile (sauf pour son frère) passage à l’économie numérique, je la vois bien servir de fossoyeur de luxe du Grenelle de son ancien patron.

Je ricane en constatant que Sarko, en homme d’expérience depuis qu’il a trahi Balladur, a développé une sacrée capacité à susciter les forfaitures. Après Besson, Kouchner ou encore Amara, c’est Marie-Anne Montchamp qui endosse le costume de Judas pour aller à la soupe.

Je ricane toujours en voyant Borloo nous faire un caca nerveux pour s’en aller noyer son chagrin dans l’alcool à l’open bar du Parti Radical.

Je frémis un peu en entendant les dents de Jeff Copé rayer le parquet de l’UMP dont il prend la tête.

Je glousse en lisant que Mystery Man Estrosi s’en retourne dans son QG orwellien s’adonner aux joies malsaines du voyeurisme grâce à ses 600 caméras de vidéoflicage vidéoprotection. Et que l’on ne s’inquiète pas trop pour lui car il détient toujours la force toute puissante.

En revanche, je souris nettement moins en constatant que les bras cassés de Bercy, Lagarde et Baroin demeurent, telles deux moules, fermement ancrés à leur rocher, ce qui laisse présager la poursuite d’une politique de rilance dont on n’a pas fini de mesurer les conséquences.

Et pendant qu’à Paris les magouilles se poursuivent comme si de rien n’était, pendant que la presse n’a d’yeux que pour ces nouveaux ministres ou ces anciens ministres, le premier domino du futur carnage économique européen commence à dangereusement vaciller : des socialistes reconduits, un déficit stratosphérique culminant à 15,4% du PIB pour 2009 et un rééchelonnement (pour ne pas dire faillite) qui revient sur le devant de la scène.

Le timing s’annonce pas mal puisque les dominos suivants sont mûrs et ne demandent qu’un coup de pouce pour s’écrouler.

Mais qui s’en soucie depuis qu’on a déplacé le château de la Star Academy à l’Elysée ?

Publié dans Politique | 4 commentaires

La leçon budgétaire de Philippe Marini

En cette période automnale, il est de coutume d’aborder les questions de gros sous trous. Le ton a été donné dimanche dernier par Jean Arthuis qui, critiquant l’inertie gouvernementale, affirmait que le budget 2011 serait tout sauf un budget de rigueur tout en fustigeant l’incapacité des troufions qui nous gouvernent à réduire un tant soit peu les dépenses publiques.

Depuis le temps qu’on nous promet la faillite et qu’on la voit s’approcher, on aurait pu s’attendre à des efforts budgétaires susceptibles de faire sortir l’État de l’abîme du déficit dans lequel il végète depuis bien longtemps. Las, cette année encore, tout ce beau monde est parti pour ne rien faire et le déficit prévisionnel annoncé pour le prochain exercice représente la bagatelle de 92 milliards d’euros.

On a un peu grattouillé les fonds de tiroirs, on a récupéré la menue monnaie qui trainait au fond des poches et on a souffloté dans le cul de la croissance pour la faire paraitre un peu plus grosse. Bilan des opérations de rigueur : moins de 1% de dépenses d’intervention en moins et environ 0,5% de dépenses de fonctionnement rabotées. Avouez qu’il y a de quoi s’inquiéter !

Heureusement, il est un homme qui peut nous sortir du bourbier. Un homme qui s’y connait en matière d’austérité. C’est un ascète, mieux, un spartiate ! Et en prime il est rapporteur de la commission des finances au Sénat. C’est l’homme de la situation et son nom est Philippe Marini.

Et du haut de son corps sculpté par un travail quotidien et une discipline sans faille, Philippe nous dit que ça ne peut plus durer. Harry Potter aux commandes du budget nous fait de l’austérité de carnaval. « Il faut aller plus loin pour maîtriser la dépense. »

Et là on se dit que le temps de la rigolade où on rasait gratis est révolu. Maintenant Philippe est dans la place et les choses vont changer. Car Philippe il a plein d’idées pour maîtriser la dépense comme par exemple augmenter la TVA, limiter les réductions d’impôts pour les entreprises ou encore créer une taxe sur les achats de services en ligne. Ah, j’oubliais l’idée géniale consistant à faire payer plusieurs redevances télé, y compris à ceux qui n’ont pas de télé. Voilà qui va faire des heureux chez les pistonnés du service public, de Marie Drucker, au fils Poivre d’Arvor, mais aussi au fournisseur de Jean-Luc Delarue.

Quoi ? Vous êtes déçus ?

Vous pensiez vraiment que le spartiate vous apporterait de vraies pistes pour de vraies économies ? On vous a pas appris à ne pas faire confiance à ces gens là ? Allons…

Quand un mec comme Marini vient vous expliquer qu’il faut aller plus loin pour maîtriser la dépense, il ne parle évidemment pas de la sienne. Il parle de la votre !!! Et là, il fait son boulot en s’assurant que le pouvoir d’achat du contribuable lambda est parfaitement maîtrisé. Vous n’avez pas un rond ? Vous n’avez rien à bouffer mais il vous reste un vieux 486DX2 pour chercher du boulot sur internet ? Rien à cirer ! Vous pouvez potentiellement regarder la télé avec, donc vous paierez pour les conneries de Ruquier, la poudre de Delarue et le salaire de cette parodie de journaliste engagé qu’est Patrick Montel.

C’est de la folie ? C’est la justice fiscale !

Publié dans Politique | 2 commentaires

Un petit parfum des années 30

Décidément, on vit une époque formidable.

La France est ce pays dont « l’élite » ne rate pas une occasion ne nous les moudre avec les heures les plus sombres de notre histoire, tout en préparant activement leur rediffusion en prime time.

Aujourd’hui, c’est Bernard Lavilliers qui prend le relais de Jeff Copé pour l’évocation hebdomadaire d’une France de Vichy que ni l’un ni l’autre n’a connu. Étrangement, la détestation du mythe de Vichy est l’une des composantes de son retour en tant que vecteur principal de propagation des slogans antiracistes. La tyrannie de l’antiracisme créé du racisme. La censure, la propagande, le parti pris des institutions, Halde en tête induisent un questionnement chez tous ceux qui sentent bien qu’il y a quelque chose de pas net là dedans. Les anti-racistes posent les problèmes en termes d’ethnies et de races. Gare au retour de bâton.

Parmi les autres causes ayant plus ou moins directement favorisé l’émergence en Europe de régimes autoritaires, je pense à la remise en cause des régimes parlementaires ou à une bonne petite crise économique des familles.

D’un point de vue politique, force est de constater que notre régime presque parlementaire fait tout ce qui est en son pouvoir pour se planter comme une buse. Les ravages de la génération Kronos apparaissent de plus en plus clairement. La jeunesse française en 2010 se caractérise par un niveau de formation globalement affligeant, un chômage endémique, de l’ordre de 25%, une pauvreté galopante et une radicalisation croissante illustrée par le comportement des lycéens et étudiants lors des manifs contre la réforme des retraites.

Bref, il ne manque plus qu’un démagogue un rien mégalomane pour rallier tous ces indigents qui n’ont plus aucune perspective d’avenir, sont de plus en plus nombreux à croûter au Secours Catholique et ne peuvent plus espérer s’offrir un toit sans l’assistance de leurs parents.

Et pendant que les gamins sont à la soupe populaire, l’élite de la nation mène la vie de château. 500.000 € de loyer annuel pour la Cour de Justice de la république (20 personnes), pas loin de 2.000.000 € pour la HALDE et ainsi de suite pour tous les gentlemen’s clubs de la République. En prime, et pour bien illustrer l’inertie de la sphère publique en matière budgétaire, voilà que quand on trouve que quelque chose coûte trop cher, on gèle son budget. On ne le réduit pas, non surtout pas, on le gèle.

Le renoncement à sabrer les dépenses inutiles conduira inévitablement à des hausses d’impôts, lesquelles feront inévitablement grossir les rangs des crève la faim, dans un grand cycle de décadence. Soupe populaire d’un côté, corruption éhontée et concours d’escrime de l’autre. Le lit du populisme est prêt et il attend son heure.

Mieux, pour peaufiner l’ambiance « années 30 » Sarkozy réussit même à nous créer un ersatz d’instabilité ministérielle avec son interminable remaniement, arlésienne de la vie politique française depuis près de 6 mois !

Pour ce qui est de la question économique, on a des amis qui sont en train de nous mitonner une bonne petite inflation dont vous me direz des nouvelles. Aux Etats-Unis, on imprime plus de Dollar que de petites fleurs sur du papier cul. Ca va swinguer comme au temps de la république de Weimar nom de nom !! Quand on pense qu’en France, on se ballade déjà depuis un certain temps au bord du précipice de la banqueroute…Ah vraiment, tout ça nous promet des lendemains qui chantent !

Publié dans Politique | 2 commentaires