Ne pinaillons pas !

« La grande majorité des gens qu’on attrape sont quand même des téléchargeurs, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt!« , s’agace la présidente de la commission face à ceux qui évoquent « sans arrêt » le cas d’un internaute qui aurait vu pirater son accès.

Voilà la perle que nous a pondue la mère Imbert-Quaretta, présidente de la commission de protection des droits de certains au détriment de ceux des autres.

Le 12 janvier 2011 restera dans l’histoire comme le jour de l’invention de la justice « démocratique ». Tant qu’on chope une majorité de coupables, tout va bien. On avait déjà pas mal innové en la matière l’an dernier puisque les mêmes guignols avaient sorti du chapeau les concepts de « justice sans juge » et de « présomption de culpabilité ».

Désormais, l’affaire est entendue. Les internautes ne valent pas mieux que de vulgaires anchois. On a déterminé les quotas de pêche (10.000 têtes par jour d’ici l’été) et même si l’on sait que les mailles du filet ne sont pas adaptées, on estime qu’il s’agit de pertes acceptables, le tout sous l’oeil amusé de la mouette rieuse Imbert-Quaretta.

Pour dire les choses autrement, on a définitivement acté que Roger et Mireille ne captent strictement rien à la sécurisation d’un réseau et qu’on s’en tape. Ainsi, sur le site Owni.fr, on trouve ces mots :

“nous sommes l’autorité qui va traiter les plaintes ; nous ne négocions pas plus qu’un officier de police judiciaire ne négocie avec les victimes. Nous allons donc être saisis de ce que les titulaires de droits considèrent comme des infractions, des faits matériels susceptibles de constituer un délit de contrefaçon. C’est nous qui allons établir la négligence caractérisée.”

“la négligence caractérisée, ce n’est pas le téléchargement illégal : elle concerne précisément ceux qui ne se rendent pas bien compte de ce qu’ils font. Mais nous ne pourrons en savoir plus que lorsque les premiers mails auront été adressés et que leurs destinataires nous auront répondu.”

Donc au pays de droits de l’homme, certains ont des droits et peuvent considérer des trucs. Les autres, quant à eux, peuvent se brosser et règlent gentiment l’ardoise.

C’est peu de dire que chez Hadopi on ne pinaille pas sur les droits. On ne pinaille pas plus sur les notes de frais d’ailleurs puisque cette horreur liberticide vous coûtera 12 millions de neuros rien que pour 2011.

Pendant ce temps là, chez Megaupload, on se frotte les mains.

Ce n’est vraiment pas la crise pour tout le monde.

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5 commentaires pour Ne pinaillons pas !

  1. Paul-Emic dit :

    le problème comme vous le faites remarquer c’est bien qu’on fasse la chasse à l’internaute du dimanche bien incapable de sécuriser sa ligne et pas au pilleur qui télécharge quasi industriellement. Et pendant ce temps là nos députés digèrent le gras repas de la cantine de l’Assemblée.

  2. Robert Marchenoir dit :

    Que les pîrates ne s’en prennent qu’à eux-mêmes. Faisant assaut de mauvaise foi pour justifier leurs vols, ils ont prétendu qu’ils risquaient de se faire pirater leur connexion Internet… par d’autres pirates. Les voleurs s’indignant de la possibilité d’être eux-mêmes volés, en quelque sorte.

    Le système étant infiniment résilient, il a obéi aux voleurs. Il ne poursuit pas le vol, il poursuit la « négligence à se protéger contre les voleurs ». Ce qui est une hypocrisie totale et une infamie, bien entendu, mais que les pirates ne s’avisent pas de s’en plaindre : ils ont obtenu ce qu’ils réclamaient.

  3. Chris dit :

    Sécuriser son réseau ???????????????????????????
    A l’aide , au secours !!!!!!!!!!
    Est ce que ça marche avec l ‘ Italie , cette histoire ????

  4. Laurent dit :

    Le téléchargement, la copie, la duplication ne sont pas un vol. Un vol c’est quand quelqu’un est dépossédé de la jouissance d’un bien. Lorsque je télécharge une musique ou une vidéo personne n’est dépossédé de cette vidéo. Il n’y a donc pas vol. La propriété intellectuelle est une escroquerie morale dont les fondement remonte à l’ancien régime et à toujours eu pour but la protections par les puissants de leurs avoués et amis et la constitutions de monopoles facilement contrôlable. le développement de la société est tout entière lié à la copie et à la reproduction gratuite des idées et des bien dit intellectuels.

  5. Paul-Emic dit :

    vous jouez avec les mots Laurent.
    La propriété intellectuelle est définie par la loi et quasi universellement reconnue.
    Télécharger de manière illégale ou copier pour un usage non privé une œuvre même légalement acquise, c’est bien priver les ayants-droit de la jouissance d’un bien à savoir les redevances que leur rapporterait l’exploitation légale de ce bien.
    Après on peut toujours œuvrer pour modifier la loi pour réduire la période de 70 ans pendant laquelle une œuvre rapporte des droits etc

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