La leçon budgétaire de Philippe Marini

En cette période automnale, il est de coutume d’aborder les questions de gros sous trous. Le ton a été donné dimanche dernier par Jean Arthuis qui, critiquant l’inertie gouvernementale, affirmait que le budget 2011 serait tout sauf un budget de rigueur tout en fustigeant l’incapacité des troufions qui nous gouvernent à réduire un tant soit peu les dépenses publiques.

Depuis le temps qu’on nous promet la faillite et qu’on la voit s’approcher, on aurait pu s’attendre à des efforts budgétaires susceptibles de faire sortir l’État de l’abîme du déficit dans lequel il végète depuis bien longtemps. Las, cette année encore, tout ce beau monde est parti pour ne rien faire et le déficit prévisionnel annoncé pour le prochain exercice représente la bagatelle de 92 milliards d’euros.

On a un peu grattouillé les fonds de tiroirs, on a récupéré la menue monnaie qui trainait au fond des poches et on a souffloté dans le cul de la croissance pour la faire paraitre un peu plus grosse. Bilan des opérations de rigueur : moins de 1% de dépenses d’intervention en moins et environ 0,5% de dépenses de fonctionnement rabotées. Avouez qu’il y a de quoi s’inquiéter !

Heureusement, il est un homme qui peut nous sortir du bourbier. Un homme qui s’y connait en matière d’austérité. C’est un ascète, mieux, un spartiate ! Et en prime il est rapporteur de la commission des finances au Sénat. C’est l’homme de la situation et son nom est Philippe Marini.

Et du haut de son corps sculpté par un travail quotidien et une discipline sans faille, Philippe nous dit que ça ne peut plus durer. Harry Potter aux commandes du budget nous fait de l’austérité de carnaval. « Il faut aller plus loin pour maîtriser la dépense. »

Et là on se dit que le temps de la rigolade où on rasait gratis est révolu. Maintenant Philippe est dans la place et les choses vont changer. Car Philippe il a plein d’idées pour maîtriser la dépense comme par exemple augmenter la TVA, limiter les réductions d’impôts pour les entreprises ou encore créer une taxe sur les achats de services en ligne. Ah, j’oubliais l’idée géniale consistant à faire payer plusieurs redevances télé, y compris à ceux qui n’ont pas de télé. Voilà qui va faire des heureux chez les pistonnés du service public, de Marie Drucker, au fils Poivre d’Arvor, mais aussi au fournisseur de Jean-Luc Delarue.

Quoi ? Vous êtes déçus ?

Vous pensiez vraiment que le spartiate vous apporterait de vraies pistes pour de vraies économies ? On vous a pas appris à ne pas faire confiance à ces gens là ? Allons…

Quand un mec comme Marini vient vous expliquer qu’il faut aller plus loin pour maîtriser la dépense, il ne parle évidemment pas de la sienne. Il parle de la votre !!! Et là, il fait son boulot en s’assurant que le pouvoir d’achat du contribuable lambda est parfaitement maîtrisé. Vous n’avez pas un rond ? Vous n’avez rien à bouffer mais il vous reste un vieux 486DX2 pour chercher du boulot sur internet ? Rien à cirer ! Vous pouvez potentiellement regarder la télé avec, donc vous paierez pour les conneries de Ruquier, la poudre de Delarue et le salaire de cette parodie de journaliste engagé qu’est Patrick Montel.

C’est de la folie ? C’est la justice fiscale !

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2 commentaires pour La leçon budgétaire de Philippe Marini

  1. Robert Marchenoir dit :

    Hahaha, j’aime bien ce libéralisme dégraissé qui cherche la castagne.

    Ca nous change du gauchisme soporifique d’Aurélien Véron.

  2. Chris dit :

    C’est moins musclé , moins couillu , mais tout aussi criminel ….

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