L’agité du Bockel

Toute la presse s’agite autour du nonos rapporté par le Bockel à poil ras, à son maître Sarko, sous la forme d’un rapport sur la prévention de la délinquance des jeunes.

En effet, il est question dans cette étude collégiale, visiblement inspirée de la technique « Grenelle » chère à Jean-Louis Borloo, de détecter les futurs encagoulés, présentateurs de talk-shows dealers de drogue, et autres hommes politiques voleurs de sacs de petites vieilles dès l’âge de deux ans.

Car oui, c’est désormais une certitude : placé face au bon interlocuteur, à savoir un membre d’un réseau partenarial réunissant Éducation Nationale, centres médicaux psycho-pédagogiques et services de psychiatrie infanto-juvénile, le lardon de 2 ans répondra sans ciller à la sacro-sainte question « que voudras tu faire quand tu seras grand ? » par un péremptoire : « foutre la merde ! ».

La réponse de l’institution est donc simple : envoyer massivement les mioches chez le psy pour se faire rééduquer à la citoyenneté républicaine. On soupçonne également chez le ministre la volonté de faire preuve d’un volontarisme politique sans faille dans le soutien apporté par l’Etat à la consommation d’anti-dépresseurs.

La presse s’est focalisée sur ce point précis du rapport en négligeant les 14 autres propositions que l’on peut y trouver et c’est fort dommage. La lutte contre la délinquance des jeunes est un sujet d’importance et l’on aurait apprécié un effort d’analyse plus important de la part de nos journalistes subventionnés au moment où les pouvoirs publics s’attaquent frontalement à cette problématique centrale.

Ils auraient ainsi pu constater que la solution proposée au fil des 90 pages d’une prose morne et inutile tient en une phrase : on s’appelle, on se fait une bouffe.

Jean-Marie Bockel souhaite donc, en vrac, la création d’écoles de la parentalité républicaine où l’on pourra appliquer aux parents les méthodes qui ont échoué pour leurs enfants, la généralisation des conseils des droits et des devoirs de la famille où l’on pourra tailler une bavette entre acteurs intéressés par les problématiques de la délinquance ou encore la création d’une plate-forme stratégique entre les ministères de la justice, de l’intérieur, de l’EdNat, de la santé, etc. pour causer racket (un conseil des ministres en somme).

Et la liste ne s’arrête pas là. Viennent ensuite la systématisation des DPS (dispositif de poursuite de la scolarisation) qui réunissent des intervenants de l’EdNat, de la police et des psys autour d’un sympathique café croissants en vue d’échanger leurs fiches sur les gamins, celle des établissements de réinsertion scolaire, la création dans les collèges d’équipes pluridisciplinaires chargées de jouer les Joëlle Mazart avec les trublions, la création d’un observatoire de la délinquance des filles et, last but not least, le développement de programmes de prévention de la violence. L’exemple mis en exergue pour illustrer cette dernière idée lumineuse consiste à payer des intermittents du spectacle pour aller présenter aux élèves de collège trois contes traditionnels sur le thème de l’amour consenti et non consenti.


Youpi !! On va résoudre tous les problèmes en expliquant à des gamins qu’il vaut mieux réveiller la belle au bois dormant avant de la culbuter ou qu’une tournante des 7 nains sur Blanche Neige c’est mal. Grandiose !

En somme, on persiste dans l’exploration de la voie de l’échec. Face un problème, on se réunit, on en parle, on décide de créer des commissions pour se réunir et en parler et ainsi de suite jusqu’à avoir placé tous ses potes dans ces clubs pour gentlemen créés pour l’occasion. A la fin du processus, bien sûr, on envoie la note du traiteur au contribuable.

Songez enfin qu’il aura fallu 3 mois pour pondre une bouse pareille, et à plusieurs en plus. Si j’en juge aux 9.500 € mensuels proposés à la mère Boutin pour son super rapport sur la mondialisation, je me dis que vraiment, j’ai pas choisi le bon métier.

 

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5 commentaires pour L’agité du Bockel

  1. Chris dit :

    C’est absolument lamentable ! …effectivement …le peu que j’aie entendu à la télé à ce sujet était navrant , absolument ridicule , pratiquement incroyable , vraiment foutage de gueule …
    A mon avis , il faudrait empecher ces gens ( de gauche comme de droite ) de nuire , bien avant 2012 …je n’ai pas d’autre solution plus efficace …

    • Kris dit :

      A part les empêcher d’une façon ou d’une autre de s’engraisser en tétant fiévreusement la mamelle étatique, j’avoue que je ne vois pas.
      Mais le pognon est le nerf de la guerre et l’Etat est à ma connaissance le meilleur moyen d’en empocher tout en se montrant parfaitement inutile, voire nuisible.

  2. dxdiag dit :

    Moi ce qui m’amuse c’est encore une fois les contradictions. Les mêmes qui souhaitent une prévention et donc une détection la plus précoce possible par définition, hurlent à la discrimination lorsqu’on essaie de trouver des critères d’inclusion des groupes à risque.
    Pour ne cibler personne, ils finissent toujours par proposer des mesures qui concernent tout le monde, du coup sont inapplicables… et c’est reparti pour un tour.

  3. Robert Marchenoir dit :

    « La création d’un observatoire de la délinquance des filles. »

    C’est une nouvelle perversion sexuelle ?

    « Trois contes traditionnels »

    Il y a autre chose que des contes traditionnels ?

    « Des histoires d’amour consenties… »

    Il y a autre chose que des histoires d’amour consenties ? Ah oui, effectivement, d’après les fonctionnaires spécialistes de l’amour…

    « …et non consenties sont racontées »

    On devrait peut-être arrêter de consentir à leur payer leurs salaires.

  4. Kris dit :

    Bien vu ! Il est vrai qu’on dirait les morceaux choisis du sketch de Bigard sur les expressions.

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