Un jour en France

Hier j’avais un rendez-vous extrêmement important pour le boulot. Mappy me promettait un trajet de 12 minutes pour parcourir les 7,2 km qui me séparaient de ma destination, mais c’était sans compter sur l’aptitude du gauchiste français (sinistrus gallicus) à pourrir la vie de ses contemporains.

Habitué que je suis à souffrir les manifestations de mécontentement de cette espèce, j’avais prévu large. Heureusement pour moi puisqu’il m’a fallu pas moins de 1h15 d’enfer routier pour arriver sur place.

Plus tard dans la journée, alors que j’avais à faire dans le centre-ville, j’ai pu observer de près cette curiosité que le monde entier nous envie.

Dans le cortège on retrouve, bien entendu, tous les ingrédients d’un rassemblement festif et citoyen réussi : Il y a du socialiste, du vert, de la CGT et du FO, du fonctionnaire territorial absolument dé-bor-dé et, le fin du fin, des crétins écervelés (c’est dire s’ils sont cons) de l’UNEF ou des sections « jeunes » des partis politiques. Ceux là sont venus protester contre (car le gauchiste ne soutient jamais rien, il dénonce et s’oppose) la remise en cause d’un régime de retraite qu’ils se saigneront pour financer et dont il ne bénéficieront jamais puisqu’il aura sombré bien avant qu’ils soient en âge d’y prétendre.

Je vous avait dit qu’ils étaient cons.

Il fallait les voir ces imbéciles heureux avec leurs pancartes et leurs sourires estampillés « soirée étudiante du jeudi soir » battre le pavé aux côtés de leurs parents, fiers représentants de cette génération maudite qui n’a rien accompli, a dilapidé l’héritage de ses aïeux et ne laissera derrière elle qu’un champ de ruines. Cette génération gâtée, qui n’a que la solidarité à la bouche et qui restera comme la plus égoïste de l’histoire. Après moi le déluge.

J’ai finalement laissé derrière moi ce cortège de grosses tiques gluantes gorgées du sang de ceux qui persistent à travailler,  pour me rendre à la mairie de mon patelin. Je sais, je cherche les problèmes mais je ne suis pas de repos tous les jours et j’avais, là encore, de foutues démarches administratives à effectuer.

Bien évidemment, la prophétie s’est accomplie sans la plus petite once de suspense. A l’entrée, une bonne femme m’indique que les services municipaux sont fermés. « Revenez demain » me lance-t-elle, imaginant sans doute que je n’ai rien de mieux à foutre de mes journées de semaine, tel le premier bénéficiaire du RSA venu.

Face à mon regard empli de mépris pour cette caste de parvenus corrompus jusqu’à la moelle, elle ajoute : « Mais monsieur, c’est grève aujourd’hui. » sur le même ton que celui que j’adoptais quand j’indiquais à ma mère ma ferme intention de rester au lit au lieu d’aller au collège.

J’aurais bien eu envie de lui vider mon sac au visage, de lui parler de ce soit-disant principe de continuité du « service public » qui justifie les privilèges de cette noblesse post-moderne, un principe à valeur constitutionnelle de plus avec lequel on se torche joyeusement dans cet Etat qui fut, peut-être jadis, de droit mais ne l’est plus depuis longtemps. J’en avais envie mais les caméras de vidéoprotection, la police de la pensée qui juge le saucisson fasciste mais surtout, le fait que ce soient toujours ceux qui sont au boulot qui chargent pour les branleurs m’en ont dissuadé.

Aujourd’hui, l’asile de France a réouvert ses portes.

Avec en gros 2 millions de braillards dans la rue, on en a assez pour décréter, la bouche pleine de saucisson pur porc merguez et un Ricard thé à la menthe à la main l’abolition des 32 petits milliards d’euros de déficit du régime de retraite comme on abolirait la gravité. Le système n’a pas encore explosé, il reste à manger sur la bête. Surtout ne changeons rien. Ce qu’on veut nous c’est de l’inaction et de l’immobilisme. Et on est prêt à agir pour l’obtenir, merde !

Continuons à croire en ces mêmes principes qui devaient nous mener de l’ombre à la lumière tant qu’on ne se réveille pas au fond de l’abysse.

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Un commentaire pour Un jour en France

  1. Vive le Luxembourg Libre dit :

    « Face à mon regard empli de mépris pour cette caste de parvenus corrompus jusqu’à la moelle, elle ajoute : « Mais monsieur, c’est grève aujourd’hui. » sur le même ton que celui que j’adoptais quand j’indiquais à ma mère ma ferme intention de rester au lit au lieu d’aller au collège. »

    Mon passage préféré !!

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