Jetez les flics en taule !

Alors que le thriller politique Woerth – Bettencourt atteint un nouveau degré de tension, on a clairement dépassé le point de rupture entre flics et magistrats.

En cause, la libération sous contrôle judiciaire d’un individu soupçonné d’avoir braqué le  casino d’Uriage avec, comme complice, de l’homme dont la mort avait provoqué les émeutes de Grenoble. Cette décision, rendue contre l’avis du parquet a fait l’objet d’un appel de ce dernier.

Il faut se souvenir que l’on parle de la même détention provisoire que celle que l’on continue d’infliger à papi Galinier « au regard du trouble à l’ordre public lié à la nature des faits et à l’écho public qui en a été fait ».

Il faut donc, de toute évidence, constater qu’il est bien plus grave, et troublant pour ce bon vieil ordre public, de se défendre contre deux malfaiteurs s’introduisant à son domicile que de braquer un casino avec des armes de guerre, d’arroser les flics qui interviennent sur flic et de provoquer, ce faisant, une bonne semaine d’émeutes avec barbecues de bagnoles et tir aux pigeons poulets.

Devant une telle décision, les réactions d’indignation vont bon train. Au premier rang de celles-ci, on trouve celle des syndicats de police qui hurlent à la forfaiture ainsi que celles du ministre de l’intérieur et du président de la république qui se torchent allègrement avec le principe de séparation des pouvoirs en désavouant publiquement une décision de justice.

De leur côté les représentants des magistrats vilipendent les flics, allant jusqu’à parler d’outrage et de poursuites pénales.

Il semble donc que la marotte de la justice par les temps qui courent soit de jeter des innocents en cabane tandis que les vrais délinquants et criminels demeurent libres de se livrer à une récidive de plus.

Plus sérieusement, il est clair que la chaîne pénale est totalement brisée et que l’effondrement des institutions se poursuit à un rythme endiablé. Rien qu’aujourd’hui, nous avons une justice qui donne le sentiment de se refuser à protéger les droits fondamentaux des victimes, ne portant son attention que sur ceux des voyous et des policiers ulcérés qui se font régulièrement tabasser, canarder, ou simplement tuer tandis que les coupables sont relâchés ou écopent de peines symboliques.

Nous avons aussi un pouvoir exécutif qui joue les gros bras en donnant la leçon aux juges, aux maires et aux journalistes tout en s’abstenant d’entreprendre la moindre action dans le domaine de la sécurité qui relève en grande partie de sa compétence.

En bref, nous avons un bon gros merdier qui menace de dégénérer en effondrement total du régime.

Petit rappel constitutionnel pour finir : Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789, art. 16.

« Toute société dans laquelle la garantie des droits n’est pas assurée ni la séparation des pouvoirs déterminée, n’a point de Constitution. »

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2 commentaires pour Jetez les flics en taule !

  1. Chris dit :

    …en fait ….c’est l’ anarchie !

    J’ ai lu plusieurs articles …excellent !

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