Miroir mon beau miroir

Les deux pieds dans le bourbier, c’est notre bonne France qui se mire et demande qui est la plus belle.

Le miroir, par la voix de l’AFII, lui répond qu’elle n’est pas encore totalement fanée et qu’elle possède encore quelques atouts de poids, si j’ose m’exprimer ainsi. Il lui promet qu’un jour, un bel investisseur étranger viendra la chercher sur son fier étalon et qu’il couleront des jours heureux et patati et patata.

A l’appui de cette affirmation, le miroir cite une quinzaine de critères, savamment choisis, sur la base desquels cette pauvre France ne serait pas trop mal gaulée, parmi lesquels les suivants :

La France subventionne un max. Sur ce terrain là, on se tire la bourre avec nos voisins espagnols. C’est certainement un critère extrêmement important en matière de compétitivité, vu que l’Espagne se traine avec 20% de chômeurs et une situation financière à la limite du cataclysme.Et puis si les subventions suffisaient à rendre un pays attractif, y’a belle lurette qu’on n’aurait plus besoin de faire de propagande sur le sujet.

En France, on a un super réseau de TGV. On ne parle là que des rails et déjà il y aurait pas mal à dire. Sur ce thème, je conseille vivement la lecture du blog de Vincent Bénard sur la question du fétichisme pro-ferroviaire. Je me bornerai donc à rappeler que la SNCF c’est globalement une grève par mois et une ponctualité plus qu’approximative.

En France l’électricité c’est pas cher. Et pour cause ! A toujours vouloir repousser les nécessaires augmentations de tarif, on se retrouve avec un parc de centrales nucléaires vieillissant et donc, perpétuellement en panne ou en maintenance. Conséquence : la France devient importatrice d’électricité quand il fait froid et l’augmentation des tarifs devient inévitable.

En France, une forte proportion de la population a atteint un niveau d’éducation supérieur. Bien évidemment, quand on part dans l’idée de donner le bac à tout le monde, les choses deviennent vite beaucoup plus simples, même si la pitoyable qualité de l’enseignement français que le monde entier nous envie réussit à produire des résultats inférieurs à des attentes déjà peu ambitieuses. Dans le monde réel, plus grand monde n’est capable de s’exprimer dans un français correct, de nombreux diplômés de l’enseignement supérieur sont chômeurs ou occupent des emplois peu ou pas qualifiés et la France ne tient pas la comparaison lors des tests internationaux.

En France, les travailleurs sont productifs et heureusement. Mais il faut espérer éviter les fous furieux de chez SUD, de la CGT, de FO, qui du haut de leur tas de subventions et de l’immunité qui leur est garantie par la « justice », mettent un point d’honneur à empêcher le reste du monde d’avancer, quand ils ne séquestrent pas l’encadrement ou menacent de faire sauter les usines.

En France on fait beaucoup de R&D. Pourtant, il paraît que nous manquons cruellement de PME technologiques. Moralité, le miroir met davantage l’accent sur ce qui pêche que sur ce qui marche.

Je passe rapidement sur les questions fiscales. L’étude met en exergue des facilités qui sont faites aux investisseurs en espérant les appâter. Mais pour réussir, il faudra aussi leur faire oublier que la France c’est le pays de la Loi de finances qui change les règles du jeu tous les ans, que c’est un pays affreusement endetté et qui va se montrer de plus en plus vorace à mesure que la faillite se rapprochera, que c’est le pays du contrôle fiscal quand on n’arrose pas le trésorier du parti au pouvoir et qu’accessoirement, il y règne une ambiance de guerre civile.

La tâche semble ardue mais il paraît qu’impossible n’est pas français.

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4 commentaires pour Miroir mon beau miroir

  1. labilbe dit :

    « Dans le monde réel, plus grand monde n’est capable s’exprimer dans un français correct, »
    « Dans le monde réel, plus grand monde n’est capable de s’exprimer dans un français correct, »

    Pour ce qui est des syndicats tu y vas un peu fort. Ils ne sont pas très puissants du fait de leurs faibles adhésions. Les faire passer pour les grands méchants relève à mon avis du fantasme.

    • Kris dit :

      La bourde est corrigée.

      S’agissant des syndicats, je persiste et je signe. Leur faiblesse les pousse à la surenchère pour continuer à exister. Les séquestrations sont bel et bien réelles, de même que les menaces d’attentat à la bombonne de gaz. On pourrait rajouter le saccage de préfecture, la destruction de journaux par les « ouvriers » du livre, le nettoyage au karcher de la bourse du travail ou le déversement d’acide sulfurique dans un canal et il doit pas falloir fouiller des masses pour en trouver d’autres.

  2. labilbe dit :

    Chaque syndicat à sa propre histoire et par conséquent la virulence des gens qui le composent. Il n’y a pas que des syndicats qui souhaitent en découdre violemment, je pense même qu’ils sont une minorité.
    Même au sein de la CGT, nombreux sont ceux qui pensent que Bernard Thibault est un peu trop mou (qu’il est trop dans le dialogue et pas assez dans l’action), mais pas suffisamment car il a été réélu.

    • Kris dit :

      Bien entendu, je ne soutiens pas que tous les syndicats sont au même niveau d’imbécilité. Les gugusses de la CGT et de SUD tiennent le haut du pavé en la matière. Mais quand on voit les succès de la CFDT avec une politique de dialogue (10% d’adhérents perdus avec l’histoire des retraites en 2003), on se dit que les jusqu’au-boutistes n’ont pas vraiment de raisons de sortir de leur nihilisme égoïste.

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