Je préfère Cantona !

Je ne parle pas ici de la sortie de notre savateur de supporter national à propos des banques mais bien de pilosité faciale puisque Benoit Poelvoorde relaie sur le net un appel aux belges à se laisser pousser la barbe jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement au pays du Manneken-pis.

Ma réaction à cet appel serait plutôt la suivante :

Aux dernières nouvelles, la Belgique n’a pas sombré dans le chaos. On ne s’étripe pas dans les ruelles et il parait même que l’économie se porte mieux. Alors, amis belges, êtes vous vraiment sûrs de vouloir d’une bande de crétins arrivistes et corrompus pour vous mener droit à la faillite ?

 

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Ne pinaillons pas !

« La grande majorité des gens qu’on attrape sont quand même des téléchargeurs, ne nous cachons pas derrière notre petit doigt!« , s’agace la présidente de la commission face à ceux qui évoquent « sans arrêt » le cas d’un internaute qui aurait vu pirater son accès.

Voilà la perle que nous a pondue la mère Imbert-Quaretta, présidente de la commission de protection des droits de certains au détriment de ceux des autres.

Le 12 janvier 2011 restera dans l’histoire comme le jour de l’invention de la justice « démocratique ». Tant qu’on chope une majorité de coupables, tout va bien. On avait déjà pas mal innové en la matière l’an dernier puisque les mêmes guignols avaient sorti du chapeau les concepts de « justice sans juge » et de « présomption de culpabilité ».

Désormais, l’affaire est entendue. Les internautes ne valent pas mieux que de vulgaires anchois. On a déterminé les quotas de pêche (10.000 têtes par jour d’ici l’été) et même si l’on sait que les mailles du filet ne sont pas adaptées, on estime qu’il s’agit de pertes acceptables, le tout sous l’oeil amusé de la mouette rieuse Imbert-Quaretta.

Pour dire les choses autrement, on a définitivement acté que Roger et Mireille ne captent strictement rien à la sécurisation d’un réseau et qu’on s’en tape. Ainsi, sur le site Owni.fr, on trouve ces mots :

“nous sommes l’autorité qui va traiter les plaintes ; nous ne négocions pas plus qu’un officier de police judiciaire ne négocie avec les victimes. Nous allons donc être saisis de ce que les titulaires de droits considèrent comme des infractions, des faits matériels susceptibles de constituer un délit de contrefaçon. C’est nous qui allons établir la négligence caractérisée.”

“la négligence caractérisée, ce n’est pas le téléchargement illégal : elle concerne précisément ceux qui ne se rendent pas bien compte de ce qu’ils font. Mais nous ne pourrons en savoir plus que lorsque les premiers mails auront été adressés et que leurs destinataires nous auront répondu.”

Donc au pays de droits de l’homme, certains ont des droits et peuvent considérer des trucs. Les autres, quant à eux, peuvent se brosser et règlent gentiment l’ardoise.

C’est peu de dire que chez Hadopi on ne pinaille pas sur les droits. On ne pinaille pas plus sur les notes de frais d’ailleurs puisque cette horreur liberticide vous coûtera 12 millions de neuros rien que pour 2011.

Pendant ce temps là, chez Megaupload, on se frotte les mains.

Ce n’est vraiment pas la crise pour tout le monde.

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Wikileaks

Et revoilà Julian Assange
Qui a toujours le nez dans la fange.
Lui qui a appris sur l’Etat
N’a plus d’oseille ni de Visa.
A trop explorer le fondement
De la liberté d’expression,
A vouloir nous rejouer l’Amant,
C’est Wikileaks qui l’a dans l’fion.

Source

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Iceland of the free ?

La démocratie bouillonne comme un geyser en Islande, dans la plus parfaite indifférence de la part des média européens. C’est tout juste si l’on peut trouver un article du Irish Times pour confirmer une information relayée par plusieurs blogs, essentiellement d’extrême gauche et altermondialistes.

Souvenons nous qu’en 2008, lors de la crise des subprimes, les trois grandes banques du pays se sont retrouvées en faillite, avec à la clé le scandale Icesave. Cette filiale de la banque Landsbanki avait collecté l’épargne de nombreux ressortissants britanniques et néerlandais, attirés par des conditions très favorables. Avec la crise et la faillite, ceux ci se sont retrouvés à poil et leurs gouvernements respectifs sont intervenus pour garantir leurs dépôts avant de se retourner contre l’Etat islandais.

Celui ci accepta dans un premier temps de couvrir l’ardoise mais dû faire marche arrière face à la pression populaire. Suite au veto opposé par le président, un référendum fut organisé et il en résulta un refus de la « Loi Icesave » à 93% des voix. Pas question pour les islandais de nationaliser les pertes de banquiers inconséquents.

Le gouvernement islandais ayant sauté au cours de la crise, la majorité de centre gauche nouvellement élue s’est engagée dans un processus de refonte constitutionnelle complète. A cette fin, une assemblée constituante de 25 personnes a été élue et doit rendre son projet avant l’été. C’est à ce sujet que certains n’hésitent pas à parler de révolution et fustigent (à juste titre) le silence absolu des journalistes.

Alors, comme dirait Hervé Vilard, pourquoi ce silence ?

A mon sens, si l’on postule une volonté de dissimulation, il y a deux principales raisons à celà.

La première concerne la stabilité politique des pays européens. Les attentats en Grèce, les manifestations un peu partout ailleurs font craindre un emballement des protestations dans le cas d’une aggravation de la crise qui menace fortement. La perspective révolutionnaire ne manquerait pas de donner de l’eau au moulin des agitateurs de tout poil.

Avant de se réjouir pour certains de la survenance du grand soir ou d’un admirable sursaut démocratique, il ne faut pas perdre de vue qu’une telle refondation n’est pas nécessairement une bonne chose. Agir en représailles envers le système bancaire, aller vers une socialisation plus importante, même avec l’appui d’une forte majorité resterait une erreur. Tant qu’on ne sait pas ce qu’il en sortira, l’homme avisé se gardera de parler de « nouvelle nuit du 4 août ».

L’autre raison, qui est à mon sens la plus importante, est d’éviter de jeter une lumière crue sur la bêtise de la classe politique européenne qui n’a jamais hésité à appliquer le principe du « too big to fail » et à intervenir à grands frais pour nationaliser les pertes des banquiers, avec pour effet, un transfert des dettes privés vers les dettes publiques et la nouvelle crise que nous connaissons actuellement.

L’Islande, de son côté montre un tout autre exemple. Elle a choisi de laisser ses banques faire faillite. Que constate-t-on aujourd’hui ? Loin d’avoir provoqué une apocalypse économique, cette décision a favorisé la reprise de la croissance tout en limitant l’impact de la crise sur les comptes publics. Difficile, dès lors, de maintenir la posture du sauveur lorsqu’on a pris une décision moralement injuste et économiquement désastreuse.

Comme le dit fort justement le président islandais :

« La différence [avec l’Irlande] c’est qu’en Islande nous avons permis aux banques de faire faillite. C’étaient des banques privées et on n’y a pas injecté d’argent pour les maintenir ; l’Etat n’a pas porté la responsabilité de la faillite des banques privées. » « L’Islande se porte bien mieux qu’attendu », a déclaré Grimsson. « Peut-on demander aux gens ordinaires – les agriculteurs et les pêcheurs, les enseignants, les docteurs et les infirmières – d’assumer la responsabilité de la faillite des banques privées ? Cette question, qui fut au cœur du débat dans le cas de la banque islandaise Icesave, va être la question brûlante dans de nombreux pays européens. »

Merci à Zhell69 pour l’info.

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Sans commentaire

Tant parce que ce papier se suffit à lui même que parce que je manque sérieusement de temps pour bloguer en ce moment.

L’un de ces amendements visait à supprimer l’incrimination pénale pour les députés qui omettraient « sciemment » de déclarer une partie de leur patrimoine. Car les membres de l’Assemblée nationale avaient adopté le 8 décembre, en commission des Lois, une disposition prévoyant que les députés qui auraient « omis sciemment » de déclarer une partie de leur patrimoine ou auraient fourni « une évaluation mensongère » seraient passibles d’une peine de deux ans de prison et de 30.000 euros d’amende.

Finalement, face au tollé jusque dans son camp, Christian Jacob a finalement fait marche arrière et retiré son amendement. Pour permettre au président du groupe UMP, dont c’est le premier revers un mois après son élection, de sauver la face, la majorité a revu le texte et enlevé la peine de deux ans de prison encourue, les autres sanctions (30.000 euros d’amende et inéligibilité) étant maintenues.

Source

Omettre sciemment ! Il fallait oser se foutre de la gueule du monde à ce point. Ils l’ont fait. Que l’on vienne me dire ensuite que ces gens là ne sont pas des raclures corrompues…

 

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Brèves boueuses

  • Interview de Baroin dans le JDD : 7 milliards d’euros de retour en France

Magnifique me dis-je. Enfin une bonne nouvelle. Les capitaux affluent dans le pays et il reste de toute évidence des atouts à la France en matière de compétitivité fiscale.

Hélas, cent fois hélas et cruelle désillusion : les milliards en question sont revenus enchainés, tête basse et sous la menace de la trique du maton. Les évadés fiscaux retournent en cabane, la saison de Prison Break est terminée pour eux.

En fait de retour de capitaux, on a tout juste et sous la contrainte à peu près compensé l’expatriation fiscale de l’année. L’hémorragie reprendra l’année prochaine.

Attendu par les préposés aux fiches depuis 2004, il devrait finalement faire son apparition en janvier de l’année prochaine. On peut donc raisonnablement s’attendre à une première vente de données aux laboratoires pharmaceutiques et aux assureurs dès 2012, à l’image de ce qui se fait pour le fichier des cartes grises.

  • Le prix des assurances augmente

Lagarde le vit mal et demande à ses services « d’examiner la réalité du lien entre cette sinistralité et l’augmentation des primes annoncées ». Ceux qui pensaient encore que la France était un pays dans lequel la liberté des prix était une réalité en seront pour leurs frais. A moins que Lagarde ne se soit trouvé un job d’appoint chez UFC-Que choisir.

Au passage, je conseille à notre ministre de se faire offrir pour noël un code des assurances pour lui éviter de raconter des conneries. La faculté de résiliation deux mois avant l’échéance date de 1989. La loi Châtel poseune obligation d’information de l’assuré et n’a donc rien à voir.

  • Fillon taille un costard au FN

Pas de complaisance qu’il nous dit le premier ministre. Et il rajoute même : « son projet est dangereux et inconsistant sur le plan économique et social ». Merde alors.

On ne va tout de même pas tolérer au pays des doigts de l’homme un projet politique qui consisterait en l’éradication méthodique de tout ce qui peut rester comme pubertés lubriques libertés publiques, dans un délire sécuritaire irrationnel ou qui cautionnerait des milices de la pensée appointées par le gouvernement avec pour corrolaire, l’exacerbation des tensions entre communautés et la montée du racisme et de la xénophobie.

  • Le mur se rapproche

Après la Belgique hier, c’est au tour de l’Espagne aujourd’hui de se voir menacée d’une dégradation de sa note souveraine. On commence à sentir le vent du boulet…

  • Apprends à couler ton secteur économique avec la CGT

La presse magazine a ses marronniers, à savoir les prix de l’immobilier, le classement des hôpitaux et les révélations fracassantes sur Nostradamus et la Franc-Maçonnerie. Dans le bourbier, on se focalise sur les affres causés régulièrement par les nuisibles de la CGT.

Aujourd’hui, les vandales encartés font encore parler d’eux. La recette est toujours la même : Grève au long cours mâtinée de saccages et de pressions. Classique.

Résultat direct de leur mobilisation : les détaillants tirent la langue, les journaux agonisent un peu plus et c’est toute la filière qui est menacée par la bêtise corporatiste.

A refuser la restructuration d’une boîte qui perd la bagatelle de 24 millions par an, c’est l’emploi de toute la profession qui est remis en question. Mais que voulez vous, on ne remet pas impunément en cause les droizakis.

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Wikileaks, spamming et cartes grises

J’ai bien ri en découvrant cet article du Figaro qui révèle que nos petits cachotiers de parlementaires ont fait passer en catimini une disposition législative autorisant l’Etat à se transformer en vulgaire fournisseur de données de prospection, en puisant directement dans le fichier des cartes grises.

Tous les moyens sont bons pour se faire un peu d’oseille par les temps qui courent, quitte à s’assoir avec nonchalance sur les droits légitimes des fichés. Comme d’habitude, on saura emballer le suppositoire dans un beau paquet avec un nœud rose dessus, en l’espèce la gestion des rappels de véhicules défectueux, mais il faudrait être bien naïf pour y voir autre chose que la vente d’informations à caractère strictement commercial.

Le comique de l’affaire tient à l’indignation collective de la classe politique, MAM en tête, suite à la révélation des petits secrets d’alcôve diplomatiques par Wikileaks. Attitude irresponsable, accusation de vol, caniveau démocratique ou encore tyrannie de la transparence, tout y est passé.

Mais ne nous y trompons pas, la transparence n’est tyrannique que lorsqu’elle touche les tyrans d’opérette. Transformer la bonne ville de Nice, sous la houlette de Mystery Man Estrosi, en gigantesque loft à ciel ouvert n’a rien d’une transparence tyrannique. Pondre une loi Hadopi qui crée une milice privée, s’assoit sur les droits de la défense et franchit un premier pas vers la surveillance permanente du net, ce n’est en rien tyrannique.

Il faudrait condamner sans réserve Wikileaks, qualifié de site criminel et sommé de quitter le territoire par le ministre en charge des expulsions numériques parce qu’il diffuse des informations que les gouvernements aimeraient bien garder secrètes au moment même où ressort l’odieuse loi LOPPSI 2 qui, rappelons le, prévoit de tripler le nombre de caméras de vidéoflicage, de pénaliser le « fait de poster les coordonnées d’un député sur un site en invitant les citoyens à le contacter pour exprimer leur opposition à un texte de loi (s’il s’en suit un nombre important d’appels pouvant nuire à la tranquillité du député) ! », ou encore d’autoriser tout moyen (physiquement ou à distance, via des mouchards) pour s’introduire dans des ordinateurs et en extraire des données.

Autant dire qu’il va devenir compliqué de garder ses informations personnelles à l’abri de Big Brother.

Mais allons, rassurez vous, il n’y a rien de tyrannique là-dedans puisqu’il s’agit de vous protéger.

Pour en revenir aux cartes grises, la France, phare de la civilisation, s’affirme plus que jamais comme un moteur de l’industrie mondiale du spamming. Après avoir créé avec Hadopi la machine à spam la plus chère du monde, voilà que l’on invente l’extorsion de données à fin de spamming. Difficile en effet de se présenter comme John Smith à la préfecture, de donner une adresse fictive en Guyane ou de pipeauter son année de naissance. Quant au droit d’opposition prévu par la Loi informatique & libertés…et bien il vous reste toujours la liberté de pleurer sa perte.

 

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Le sens des priorités

Alors que l’Irlande est au fond du seau broc, que ça tangue sévère au Portugal et en Espagne, le gouvernement français prend des mesures d’une rare intensité pour assainir les dépenses publiques.

Et les résultats ne se font pas attendre ! Ainsi, le collectif budgétaire voté hier soir ramène le montant du déficit pour l’année de 152 à 149 milliards d’euros. Avouez quand même que ça en jette. D’ailleurs le ministre en charge du budget ne s’y trompe pas lorsqu’il déclare :

« Ce texte procède à un certain nombre d’ajustements concernant l’équilibre du budget de l’Etat. Ils prennent acte du respect de nos objectifs en matière de dépense et de nos prévisions de recettes »

L’objectif était donc de s’endetter à hauteur de 150 milliards pour la seule année 2010. Ces 150 milliards sont à rapprocher des 170 milliards de « ressources nettes » annuelles de l’Etat français. On s’était fixé pour mission de s’endetter à hauteur de 90% de ses recettes et de s’y tenir. Baroin a bien raison de se féliciter d’être parvenu, à la force du poignet, à respecter un objectif aussi ambitieux.

J’apprécie vraiment que nos élites fassent preuve, en ces temps troublés, d’un indéfectible sens des priorités. Ce n’est pas parce que le pays oscille dangereusement au dessus d’un gouffre financier, que le système éducatif pédale vainement dans une choucroute 3 étoiles depuis des décennies et qu’on se prépare en banlieue au traditionnel plus grand barbecue de l’année, la nuit de la St Sylvestre, sur fond de grogne des forces de l’ordre que l’on doit se laisser distraire des vrais problèmes. Parmi ceux-là on peut notamment en citer 3 :

– L’hiver il neige et à la météo c’est vraiment trop des branques. Fillon à la manoeuvre, le gouvernement au grand complet sort ses Moon-Boots et son double décimètre pour aller mesurer l’épaisseur du manteau neigeux.

– La marque des trains qui roulent dans les tunnels. A quoi ça sert d’investir des fortunes à crédit dans des entreprises si on ne peut même plus favoriser les copains. Le message des députés est clair : Dehors les Boches.

– Après toute une semaine à se saouler la gueule au champagne au bord des piscines du Moon Palace de Cancun, les happy few se réveillent le dernier jour avec un mal de crâne carabiné en se disant que ça serait pas mal de signer un accord sur un coin de nappe, de manière à tenter piteusement de justifier un winter break aussi somptuaire que décadent. On annonce la tenue d’un atelier prestidigitation et magie dans la soirée.

Bien sûr, vous pourriez penser que ce monde tourne à l’envers, marche sur la tête ou part à vau-l’eau. Pour ma part, je dirais plutôt que dans un monde qui considère que comptent parmi les plus grands penseurs mondiaux, des clients tels que DSK, Lagarde, Attali, voire même Cécile Duflot, tout devient possible…

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Besson : l’expulsion de trop

J’étais tellement malheureux depuis le remaniement. Rendez vous compte, mon Estrosi préféré avait du prendre la lourde et je me demandais bien qui pourrait assurer la relève en matière d’annonces débiles. Il faut dire que le mec avait placé la barre sacrément haut en prétendant décider tout seul de la politique industrielle de Renault sur un coup de colère.

J’attendais beaucoup de Frédéric Lefebvre mais je dois admettre que pour l’heure, il n’est pas à la hauteur de mes espérances.

Et puis finalement je pense avoir trouvé un nouveau champion, pas si inattendu que ça finalement en la personne d’Eric Besson. C’est lui, en effet, qui a récupéré le portefeuille de la déliquescence industrielle, auquel on a pris soin de rajouter la question ô combien casse-gueule pour le politique moyen, de l’économie numérique.

Il avait donc tous les atouts entre les mains pour nous en faire une belle et ça n’a pas loupé. Sans doute encore marqué par son passage au ministère de l’expulsion nationale, il a tenu à initier son nouveau mandat par une reconduite à la frontière : celle de Wikileaks.

Ce matin même, on annonce que Wikileaks s’est fait virer par son hébergeur, Amazon, et qu’il a trouvé à se recaser en France, chez OVH. A 14h, Besson demande qu’il soit sur le champ procédé à un lourdage ninja.

Comme le souligne fort justement le site Numérama, « Le ministre qui a pour charge de protéger les libertés numériques demande donc expressément qu’elles soient violées. »

Car dans une lettre adressée à un vague machin du nom de CGIET, il nous enfile les énormités comme des perles :

« la France ne peut héberger des sites internet qui violent ainsi le secret des relations diplomatiques et mettent en danger des personnes protégées par le secret diplomatique« , apprend-t-on par Le Monde. « On ne peut héberger des sites internet qualifiés de criminels et rejetés par d’autres Etats en raison d’atteintes qu’ils portent à leurs droits fondamentaux »

1/ Ce n’est pas la France qui héberge, c’est OVH. Il est visiblement utile de rappeler que ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas davantage la France qui héberge ou qui rédige ce blog.

2/ Kawax, ça n’existe pas Liliane. Et la violation du secret des relations diplomatique non plus, d’ailleurs. C’est pas le secret de l’instruction. Pourquoi pas les juger pour espionnage et les envoyer en camps aussi. Et puis, aux dernières nouvelles, ce sont des documents américains qui ont fuité. Raison de plus pour qu’un ministre français évite de parler pour rien.

3/ Qualifiés de criminels par qui ? Non parce que pour contraindre une entreprise privée en France, il faut une décision de justice d’un juge français. Ça n’a pas encore changé ça non ? Ensuite on se demandera comment on se démerde pour condamner un site internet criminel à 20 ans de taule.

4/ Depuis quand est ce que les États ont des droits fondamentaux ? Les droits fondamentaux existent précisément pour nous protéger d’abrutis de ministres qui pensent pouvoir imposer leur volonté partout au nom de la raison d’État, sans trop soucier de ce vague concept qu’est le droit.

On risque fort d’avoir droit à une passe d’armes semblable à celle qui avait opposé Frédéric Mitterrand et Xavier Niel sur l’obligation de relayer les mails d’Hadopi, une de celles dans lesquelles le ministre bien emmerdé joue les Mc Guyver du dimanche en se bricolant un texte sur mesure avec 3 bouts de ficelle.

Ah ouais j’avais tort ! Et ben maintenant j’ai raison, na na nère !

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Une belle occasion de fermer sa gueule

Et Christine Lagarde vient de la laisser filer, commettant ainsi une magnifique « Arconada ».

Suite à l’annonce de son plan machiavélique visant à provoquer la fin du monde, Madame s’est sentie le devoir de remettre en place Eric Cantona en l’engageant à retourner vendre des rasoirs jetables aux puces de St Ouen.

Eric Cantona est « un immense footballeur » mais ferait mieux de ne pas se mêler d’économie, a affirmé mercredi  la ministre des Finances, Christine Lagarde, estimant qu’il ne fallait pas suivre son appel à vider les comptes bancaires pour que « le système s’écroule ». « Chacun son métier. Il y en a qui jouent magnifiquement au football, je ne m’y risquerai pas. Je pense qu’il faut intervenir chacun dans ses compétences », a-t-elle balayé en réponse à des journalistes lors d’une conférence de presse à Paris. Selon la ministre, l’ancienne star du ballon rond « n’est pas à une provocation près ».

Manque de pot, on pourrait tout aussi bien dire : Christine Lagarde est « une immense avocate » mais ferait mieux de ne pas se mêler d’économie. Je pense qu’il faut intervenir chacun dans ses compétences. Elle n’en est pas à une provocation près puisqu’elle a déjà à son tableau de chasse la rilance, le maniement de la méthode Coué comme unique réponse à la crise, laquelle est d’ailleurs finie si l’on en croit les supaslides du Minefi

Grâce à la politique du Gouvernement, la France est entrée dans l’après-crise et notre économie retrouve des couleurs. (source)

Alors si ça c’était pas une magistrale occasion de la boucler…

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